Colbert
Le Masurca (pour MArine SURface Contre Avion) est un missile surface-air a été conçu et mis au point dans les années 60 par MATRA et la DCAN, et construit par l'ECAN de Ruelle pour le Colbert et les frégates Suffren et Duquesne. C'est un système d'armes à moyenne portée (55000 m, volume d'interception: 100 à 75000 pieds) lancé au moyen d'un accélérateur à poudre lui communiquant en quelques secondes une vitesse voisine de Mach 3 ; un combustible à combustion plus lente entretient cette vitesse pendant la durée du vol. Le guidage est réalisé par autoguidage avec en finale un autodirecteur semi actif. Le missile suit une trajectoire de « navigation proportionnelle » en conservant l'antenne de son autodirecteur pointée sur le but « éclairé » par l'illuminateur du bâtiment lanceur. Dans la version initiale du Colbert en croiseur anti-aérien, il n'y avait pas de missiles. Le système Masurca ne fut installé que lors de la refonte du début des années 70, de même que les Exocet. Cette nouvelle installation demanda de nombreux mois de travail, ce qui explique la longue immobilisation du croiseur. Le système comprend un ensemble de désignation d'objectif et d'affectation des armes. Comportant trois calculateurs arithmétiques, cet ensemble travaille avec les moyens de détection radar du bord et le système automatique de traitement des informations tactiques SENIT:     deux groupements de guidage (télépointeurs TRE) comprenant chacun:     - un radar de poursuite DRBR 51 avec une antenne AME1. Ce radar localise simultanément le but et deux missiles téléguidés.     - une antenne AME2 qui sert au déclenchement du répondeur et à la télécommande des missiles téléguidés.     - une antenne de ralliement Argus (ACE2) pour les missiles téléguidés.     - deux caméras de télévision (une par rail).     une rampe double de lancement     des installations de stockage et de maintenance (dites "missilerie" en 1972) comprenant une soute principale où missiles et      accélérateurs sont stockés sur 2 barillets horizontaux contenant 18 missiles (dans la chambre-relais) plus des missiles de réserve en soute. Ce missile est du type cruciforme à ailes de faible allongement et gouverne arrière. Il dispose d'un accélérateur axial qui le propulse à une vitesse de 900 m/s. Cela lui confère une vitesse de vol supérieure à mach 2,5.  Les habitants de Sébastopol se pressent pour venir voir le Colbert et ses Masurca (photo Cre Lecoustour) Ses caractéristiques sont les suivantes : Longueur : 8,60 m (le missile seul : 5,38 m); accélérateur: 3,32 m. - Diamètre du missile : 0,406 m, de l'accélérateur: 0,570 m. - Envergure de l'accélérateur : 1,50 m - Poids du missile : 950 kg, de l'accélérateur: 1148 kg - Charge militaire : 100 kg  - Guidage : autoguidage avec en finale autodirecteur semi-actif. Le missile suit une trajectoire de « navigation proportionnelle » en conservant l'antenne de son autodirecteur pointée sur le but « éclairé » par l'illuminateur du bâtiment lanceur.  L'installation complète avec ses 48 missiles pèse 450 tonnes. Le système a été modernisé de 1983 à 1985 pour permettre de maintenir les performances de ce système d'armes jusqu'à la fin de sa vie (1998- 2000). LV(H) Alain CLOUET       Cette photo montre la tôle brûlée après un tir de Masurca. A ne pas faire une veille d'inspection ! (photo Salmon)  

 La manutention des missiles : Embarquement des composites

reportage extrait du journal d'unité COLBERT MAGAZINE en 1979. Tel est en effet le nom officiel des engins que l'on tire contre les aéronefs ennemis, et qui se composent de deux parties, l'accélérateur à l'arrière, et le missile proprement dit, à l'avant, reliés par une menotte explosive. Chaque composite arrive de la Pyrotechnie en pièces détachées : deux conteneurs contiennent l'un l'accélérateur, l'autre le missile, gouvernes repliées, tous deux tenus par des cadres, tandis que la menotte et les quatre empennages sont dans deux caisses séparées. L'opération consiste à aller prendre l'accélérateur dans son conteneur, grâce à un palonnier manoeuvré par une grue, à le placer sur un ascenseur situé à tribord arrière du pont teugue, et à le descendre ainsi dans le local de contrôle MASURCA sur le pont inférieur. La gare de triage qu'est ce local permet alors de placer l'accélérateur sur l'un ou l'autre des chariots à crémail­lère qui l'emmènera s'accrocher par ses deux patins sur la partie arrière de rail de  refoulement adéquat. Ensuite, on embarque de la même façon le missile lui-même, et le chariot qui l'emmène permet de le hisser manuellement dans l'axe de son accélérateur, sous le rail. Il faut bien prendre garde de ne pas cogner la coiffe en céramique qui protège l'autodirecteur à l'avant, de ne pas endommager les gouvernes en aggloméré, et éviter soigneusement tout mouvement brusque pouvant occasionner un choc. Qu'on ose donc encore parler de la brutalité des canonniers! Il faut ensuite procéder à l'assemblage, opération la plus délicate, en vérifiant que las numéros des morceaux sont bien ceux qui vont ensemble. Après avoir branché les deux prises de jonction entre accélérateur et missile, on emboîte ce dernier dans le premier, on place les deux moitiés de la menotte explosive, on la serre avec une clef dynamométrique pour obtenir un entrefer de cinq dixièmes de millimètres dans le système de mise à feu. Le composite complet est donc suspendu au rail par les deux patins de l'accélérateur ; il ne reste plus qu'à le descendre sur un berceau vide du barillet correspondant, et à embarquer les empennages de l'accélérateur, eux aussi numérotés et adaptés à chaque engin. Un embarquement de missiles est donc relativement long, et nécessite une équipe entraînée et assez sage pour ne pas casser le matériel en tentant de battre un record de vitesse. Néanmoins, compte-tenu des manoeuvres des chalands dans la rade, de la grue flottante, on réussit sans peine à embarquer douze composites dans une journée de semaine.
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     Le missile Masurca
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