index b
Colbert

Aspect intérieur.

La chambre à poudre à la forme d'un cylindre ou d'un tronc de cône, cette dernière disposition facilite l'introduction ou le retrait de la douille. La partie située à la naissance des rayures s'appelle "tronc de cône d'appui". La ceinture avant de l'obus vient s'y coincer et maintient le projectile " à poste". Au départ du coup, la pression des gaz chasse le projectile et les rayures, mordant dans la ceinture en cuivre, oblige le projectile qui avance dans l'âme à prendre un mouvement de rotation sur lui-même très rapide (300 tours/secondes environ sur l'obus de 127). Ce mouvement de rotation sur lui-même continue dans l'atmosphère. Il est nécessaire pour empêcher le projectile de basculer sur la trajectoire. Les rayures sont creusées dans la partie intérieure du tube autour duquel elle s'enroule. Vues par la culasse, elles semblent tourner vers la droite. On dit alors que les canons sont rayés à droite. Le diamètre intérieur de l'âme rayée s'appelle le "calibre ". Il est exprimé en millimètres. La longueur de l'âme rayée s'exprime également en " calibre ". Pour un canon de 127, l'âme rayée mesure 54 calibres. 127 millimètres multipliés par 54, cela donne une longueur rayée de 6,86 mètres.  

 Usure des canons

Par suite de la vitesse de l'obus à l'intérieur de l'âme et de la température élevée des gaz, un canon s'use assez vite et, au bout d'un certain nombre de coups, il faut le changer. L'usure apparaît sous deux formes : l'usure mécanique et baguage. L'usure mécanique est produite par le frottement du projectile ou par l'action des gaz portés à très haute température (2500°), et se manifeste de la manière suivante : les rayures s'effacent, la bouche s'évase, des fentes apparaissent sur le tronc de cône d'appui ou dans le tube rayé. Baguage : des dépôts métalliques provenant des ceintures d'obus peuvent se déplacer à l'intérieur du tube rayé et provoquer ainsi une diminution du calibre. Il est important de passer régulièrement un calibre vérificateur et contrôler l'épaisseur des dépôts sur les rayures du tube. Un dépôt trop important sur les rayures du tube occasionne le blocage de l'obus et son explosion dans le tube. Pour les canons de calibre 57, il existe une circulation d'eau entre le tube et la chemise, ayant pour but de refroidir cette dernière et d'éviter une usure trop rapide au cours des tirs.

 La construction des canons.

Le canon de 57 mm. Il est composé de deux éléments : du tube et d'une chemise rayée. On fera circuler de l'eau entre le tube et la chemise qui aura pour but de refroidir cette dernière et d'éviter une usure trop rapide au cours du tir. Le remplacement de la chemise permet de conserver le tube. Les canons de 100 et 127 mm Ils sont composés de deux éléments : le tube avec ses rayures et le corps arrière. Le corps arrière est un renfort dans lequel le tube vient s'emboîter. Le tout est fixé par le manchon sur la culasse. Ce dispositif permet de remplacer d'une manière rapide les canons usés.

 La culasse

La culasse est un organe mobile destiné à fermer l'arrière des canons. Elle vient se placer dans la partie de la bouche à feu, appelée suivant le cas " manchon ou écrou de culasse ", sur laquelle elle prend appui. La culasse porte l'appareil de percussion, qui vient frapper l'étoupille Elle est également accompagnée d'appareils de man?uvre le plus souvent automatique destiné à provoquer son ouverture et sa fermeture, et des appareils d'extractions. Lors du tir, l'arrière de la culasse s'ouvre pour laisser pénétrer l'obus et sa douille. Ensuite elle se referme. Une fois le tir effectué il faut retirer la douille (appareil d'extraction) avant de réarmer un nouvel ensemble douille obus. Les culasses doivent satisfaire un certain nombre de conditions et elles doivent résister à : -         à la pression maxima développé dans la chambre à poudre pendant le départ du coup qui peut dépasser 3000 kg/cm2 (sur le 127 mm, la force exercée sur la culasse est de 470 tonnes). -         à la température des gaz qui s'élèvent à 2500°C. -         à la température de la pièce qui peut dépasser 100°C après un tir prolongé (malgré la température très élevée des gaz, le métal ne s'échauffe qu'assez lentement). -         aux efforts d'inertie qui sont considérables au début du recul. -         elle doit avoir un mouvement d'ouverture et de fermeture aussi rapide que possible, de façon à avoir une bonne cadence de tir. -         leur démontage doit être une opération simple car après chaque fin de tir, elles doivent être démontées et nettoyées, voir les parties les plus exposées aux chocs, changées par les moyens du bord. Il existe deux types de culasses. A coin : c'est une pièce de métal en forme de coin qui masque où démasque la chambre à poudre. Ce coin coulisse dans une mortaise creusée dans le manchon. À vis : elle est composée essentiellement d'un cylindre fileté qui vient se visser dans la partie arrière de la bouche à feu appelée "écrou de culasse". La culasse à vis n'existe plus que sur les canons tirant avec gargousses (380 mm) donc pas sur les calibres du Colbert.

 Extraction

Après le départ du coup, la douille ayant rempli son rôle d'obturateur, il faut l'enlever de la chambre à poudre avant de pouvoir charger à nouveau la pièce. Cette opération s'appelle l'extraction. Elle s'effectue en deux mouvements successifs. - Le décollement : la douille, par suite de l'action des gaz, adhère fortement aux parois de la chambre à poudre, il faut la décoller de son logement. L'effort à produire peut être grand, l'appareil d'extraction doit agir avec force, donc lentement. - L'éjection : la douille étant décollée de la chambre à poudre, il faut la projeter hors du canon et l'éjecter le plus vite et le plus loin possible sur l'arrière. L'effort à fournir est relativement faible, mais la vitesse d'éjection doit être grande.

Mise à feu.

La mise à feu est l'opération par laquelle on enflamme la charge de poudre, provoquant ainsi le départ du coup. La charge est enflammée par l'intermédiaire d'un artifice (amorce contenue dans une étoupille). L'amorce détone sous l'effet d'un choc et allume l'étoupille, et par là la charge. Ce choc sur l'amorce est appelé " percussion ". Dans le dispositif de percussion, la pièce principale est appelé " percuteur ". Elle comporte une pointe en acier trempé qui vient frapper l'étoupille.

Stockage et manipulation des munitions à bord.

À bord, les munitions sont conservées dans les locaux spéciaux appelés " soutes à munitions ". Ces soutes sont situées dans le fond du bâtiment, sous la ligne de flottaison, en vue d'une protection plus efficace contre les coups de l'adversaire, et d'un noyage plus facile en cas d'incendie. Mais, les canons étant disposés sur le pont on devra utiliser un système d'ascenseur ou de norias entre la soute et la chambre relais. Cette chambre relais permet de stocker une quantité de munition afin de pouvoir alimenter rapidement la pièce en tir C.A. Dans les tirs moins rapides, on pouvait faire du " tir sur soute ", c'est-à-dire d'alimenter depuis la soute la pièce au fur à mesure de la demande. La chambre relais se trouvant sous la pièce de tir, il est facile d'alimenter rapidement cette dernière avec le stock prévu à l'avance. Pendant ce temps il est possible de continuer à alimenter la chambre relais depuis la soute à munitions pour continuer la réserve de stock. Pour les canons de 57 mm, ce sont des caisses contenant chacune quatre cartouches (la cartouche est formée par un étui métallique ou douille portant l'obus en son extrémité). Pour les canons de 127 mm l'obus ou projectile était indépendant de la douille. Ils vont arriver de façon synchronisée depuis la soute à obus et la soute à douilles jusqu'à la chambre relais. Pour les canons de 100 mm, l'alimentation de la cartouche depuis la soute à munitions à la pièce de tir automatique.

Les munitions

Un corps combustible quelconque (charbon, pétrole, etc.) ne peut brûler qu'avec l'apport extérieur d'oxygène. Par contre, les substances explosives contiennent déjà en elles-mêmes l'oxygène nécessaire à leur combustion. Ces substances sont donc capables de brûler, même enfermées dans un récipient hermétiquement clos. La rapidité avec laquelle se fait cette combustion permet de classer ces substances en « poudres » ou « explosifs ». Les poudres brûlent relativement lentement (quelques centièmes à quelques dixièmes de secondes), ce qui permet de les utiliser à la propulsion des projectiles (douille, gargousses). La combustion d'un explosif est pratiquement instantanée. Il y a détonation avec " effet brisant ". Un explosif détone même à l'air libre, alors que la poudre, dans les mêmes conditions ne fait que brûler rapidement. L'explosif utilisé au chargement des projectiles sert à leur donner un effet destructeur à leur arrivée au but.

Les charges propulsives

On appelle charge, la munition contenant la poudre qui donne au projectile sa vitesse initiale. Cette poudre peut être contenue ; -         soit dans des sacs en étoffe (cas des 380 mm), chacun de ces sacs rempli de poudre s'appelle une " gargousse ". -         soit dans un étui métallique fermé par un opercule ; c'est le cas des moyen calibre (127 mm). La charge s'appelle " douille ". -         soit dans un étui métallique portant l'obus (jusqu'au calibre 105 mm). La munition complète s'appelle une " cartouche ". Le feu est mis à la charge de poudre à l'aide d'un artifice appelé " étoupille ". Pour les cadences de tir, les cartouches permettent d'introduire en une seule manœuvre le projectile, la charge et l'étoupille. Voici un exemple de poids pour une douille de 127 mm : pleine elle pèse 19 kg alors que l'étui vide ne pèse que 10,5 kg. Les douilles sont récupérées après les tirs et réfectionnées, elles peuvent tirer plusieurs fois. Sur le Colbert nous n'avons pas de canons utilisant les " gargousses " et qui est la charge propulsive, mais on peut apprendre leur utilisation. Sur un canon de 380 mm, on peut en mettre 4 et chacune pesants 72 kg. Elles se composent d'un sac en serge de laine contenant un faisceau de poudre, sur lequel est fixé à l'arrière le sachet d'allumage en poudrez noire. Ce sac est fermé à l'avant par étranglement et la serge rabattue forme la cocarde. Deux poignées en tresse de laine sont disposées du côté du sachet d'allumage pour permettre les manipulations au moment du tir.  

Les projectiles

La Marine utilise deux catégories de projectiles au combat : -         les obus explosifs -         les obus de perforation Les projectiles explosifs sont utilisés dans la plupart des cas. Ils sont destinés au tir contre avions, à l'attaque des bâtiments légers et des parties non protégées des grands bâtiments, au tir contre la terre et le personnel à découvert. Les principaux effets recherchés sont le souffle et les éclats. Les obus de perforation sont destinés à l'attaque des blindages. L'éclatement des projectiles est provoqué par un dispositif appelé " amorçage ". Sur les projectiles explosifs, l'amorçage est placé sur l'ogive. Les obus explosifs utilisés sur le Colbert des obus explosifs en acier ou OEA. Ils ont une forme cylindrique terminée à l'avant par une partie appelée " ogive ". Sa longueur est quatre fois le calibre environ.

 Le dispositif d'amorçage

Le dispositif d'amorçage d'un projectile est constitué par l'ensemble des éléments mécaniques et pyrotechniques destinés à provoquer au moment voulu la détonation de l'explosif de chargement. Ils peuvent être : -         percutants et ils fonctionnent sur un obstacle au choc. -         à temps et ils fonctionnent au bout d'un temps déterminé. C'est ce type d'amorçage que nous allons explorer car c'est celui qui est utilisé sur le croiseur Colbert en C.A.A.

Les fusées à temps

Elles comportent un dispositif particulier que l'on règle avant le chargement du projectile. (C'est le tempage que nous verrons par la suite). Ce dispositif se met à fonctionner au départ du coup de canon et provoque la détonation d'une amorce entraînant l'éclatement du projectile ; après un certain temps dépendant de " l'évent " affiché sur la fusée. Ces fusées sont utilisées sur les obus en acier (O.E.A.) destinés au tir C.A (Contre Avion) non percutant. Les fusées sont réglées afin que l'éclatement se produise quand le projectile arrive au point de rencontre prévue avec l'avion. C'est un dispositif dit " Chronométrique". Un mouvement d'horlogerie libère un percuteur au bout d'un temps T après le départ du coup de canon.

Le Tempage

Le tempage à pour but d'afficher sur les fusées à temps un certain réglage appelé " évent". Cet évent est calculé par l'organisation de conduite de tir pour provoquer l'éclatement du projectile au bout d'une durée de trajet donnée.Sur les fusées chronométriques actuellement utilisées, l'évent est affiché en décalant le capuchon par rapport au corps de la fusée au moyen d'un appareil appelé " tempeur". Le tempeur  n'existe donc que sur des canons susceptibles de tirer des projectiles munis d'amorçage à temps (calibre entre 76 et 152 mm). D'autre part, le temps qui s'écoule entre la sortie du tempeur et le départ du coup doit être le plus faible possible et de plus rigoureusement constant, car il en est tenu compte dans le calcul de l'évent (temps mort de l'évent).     Pour comprendre nous allons prendre un exemple où : -         la vitesse de l'obus est de 800 mètres/seconde -         le temps mort de l'évent de 0,25 seconde -         la distance du but (immobile pour l'exemple) à 4800 mètres d'altitude. L'obus devra exploser dans : (4800 : 800) + 0,25 s = 6 s + 0,25 s = 6,25 secondes On voit bien que le temps mort de l'évent doit être rigoureusement identique pour que le réglage chronométrique après la percussion de la douille soit celui ordonné par le centre de tirs pour l'explosion de l'obus.

Principe de réalisation d'un tempeur

La fusée porte deux encoches, l'une située sur le corps de la fusée est fixe par rapport au projectile, l'autre portée par le capuchon est mobile et sa rotation affichera l'évent. Deux cliquets viennent s'engager dans chacune de ces encoches et il suffira de les déplacer l'une par rapport à l'autre pour « régler » la fusée. suite page “canon 2”    .
Le croiseur Colbert - (c) tous droits réservés 2003-2016 - contact : dossiersmarine@free.fr
Le fonctionnement du canon par Adrien Etchevery - 1ère partie
Accueil Vie du Colbert Les Colbert Le CLM Colbert Copains d'alors Galerie photo Le croiseur-musée